
17 février 2009
Voyez ses mains.
Ses mains déposées, comme un souffle sur le blanc d'une page.
Il n'écrit pas des mots. Il écrit des notes.
Et sa transe est la mienne.
Ce grave, ce grave. Ses mains sont tristes.
Comme des monts qui s'affaissent.
Comme des ailes qui plient.
Oh l'envolée pesante, cette hypnose funèbre.
Ses mains. Ce grave.
Je suis partie loin de moi, l'âme en points de suspension.
Egarée entre flammes et cendres. Figée dans l'ailleurs.
Mon errance musicale. Ma solitude damnée.
Secondes suspendues.
Gravées même à la chair. Et l'âme est perdue.
Elle se vit autre part, dans le gris des charniers.
Elle se vit en silence sous le joug des images qui reviennent...
Oh ce grave. Voyez, j'ai quitté la salle.
Par Chrystalle
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10 février 2009
J’écrirai les marées
Les lointains paysages
Ton silence allongé
Sur le flanc d’une page
Et que meurent l’absence
Aux deltas de la nuit
Les futiles errances
Et leurs valses d'ennui
Et que meurent l’hiver
Aux éclats d’amertume
Les non-dits les mystères
Dans le glas de ma plume
J’écrirai les marées
Les possibles voyages
Les adieux arrimés
Sur le quai d’une page
Par Chrystalle
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13 novembre 2008
Dehors les feuilles
Eparpillées
Aident le deuil
De mon passé
Dehors l’automne
Et ses promesses
Dont je m’étonne
Avec tendresse
Et puis demain
Je ne sais pas
Si les chemins
Vont au trépas
Dehors les feuilles
Chutent fragiles
Sur les écueils
Indélébiles
Dehors l’automne
En porte-voix
Le bruit aphone
De mon émoi
Et puis demain
Tout peut mourir
Les doux refrains
Et leur sourire
Dehors les feuilles
Glissent sans mot
Et sur le seuil
Couvrent l’écho
Dehors l’automne
Et ses ombrages
Qui tourbillonnent
Entre les pages
Et puis demain
Je ne sais pas
Est-ce que sa main
S’envolera
Et puis demain
Je ne sais plus
Est-ce que c’est vain
D’aimer sans but
Combien j’ai peur
Quand vient le jour
Qu’il ne s’écœure
De mes détours
Combien j’ai peur
Quand vient la nuit
Qu’il ne se meure
De mes non-dits
Mélancolie
N’est pas si loin
Quand on la prie
Elle nous revient
Dehors l’automne
Et ses silences
Qui emprisonnent
Mon doute immense
Et puis demain
Je ne sais pas
Si les chemins
Vont au trépas
Par Chrystalle
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15 novembre 2008
Je me souviens d'un banc quelque part
Egaré sous une robe bleue
Tandis que je marchais au hasard
Au bord de nos adieux
J'avais laissé ce banc quelque part
Au milieu de la rouille et du vent
Abandonné aux ombres avares
De nos vagues serments
Et le banc les a vu, les saisons
Défiler sur les branches fourbues
Emporter les derniers alluvions
Qui jonchaient froids et nus
Je regarde ce banc ici-même
Assis sous un ciel en robe bleue
Fleurir les arbres et la bohème
Au bord de tes grands yeux
Par Chrystalle
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9 septembre 2008
Où se sont perdues
Les écluses
Tes vagues à l’âme
Se gangrènent
Au sillon d’une ride
Et demain
Où sera l’abandon
Sur le flanc d’une page
Dans cette chambre
Tarie d’étoiles
Dis-moi
Où nous sommes-nous perdus
Je ne sais pas bien
Si c’est nous
Ou le monde
Au vide qui éteint
On tournera ainsi
Dans l'ombre des chemins
Je donnerai à boire
Au vent des tristesses
Aux souvenirs qui se penchent
A la nuit
Le temps
Ne pardonne rien.
Par Chrystalle
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6 septembre 2008
En brisure de mer
L’avalanche d’exil
Sur le front des tempêtes
En écho de tes yeux
J’aime vivre éphémère
A tes joies versatiles
Et remplir l’épuisette
De frissons amoureux
Ecris-moi l’océan
Sur le feu de mon âme
Grise-moi de tourments
Je veux être à tes flammes
A tes ombres jetées
Sur l’écran de mon monde
Tes passions effrénées
En torrent de secondes
En brisure de plage
L’avarice d’oubli
En portée sur le fleuve
Mélodie éternelle
J’aime suivre l’orage
Sur le flot du délit
Et qu’il vente ou qu’il pleuve
Ton reflet m’ensorcelle
Un sursaut d’innocence
Aux amants de l’espace
Je te veux un silence
Sous ma peau carapace
Une fièvre docile
A ces vagues anciennes
Le refuge fragile
De ma foi bohémienne
Par Chrystalle
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5 septembre 2008
Que la nuit serait vide
Sans tes calmes soupirs
Tes paupières candides
Alanguies de désirs
Penchée à ton chevet
Je parle aux espérances
Au creux de ton duvet
Elles vivent en silence
J’aimerai te cueillir
Des mondes de douceur
Et laisser y fleurir
Des gerbes de couleurs
Que la nuit serait pâle
Sans tes calmes étés
S’inventant une escale
Au pays de Morphée
Je m’invite au voyage
Au devant d’une vie
Une étoile en sillage
Sur ton front endormi
Je ne sais où me mène
Ton écharpe de rêves
Sur les rives lointaines
D’une nuit d’une trêve
Que la nuit serait longue
Sans tes calmes soupirs
Tes paupières oblongues
Alanguies de sourires
Par Chrystalle
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13 juillet 2008
De la paume croquée
Un pêché des étoiles
Dévorant voie lactée
De ta main que dévoile
Le tissu des audaces
Soulevé par les yeux
Ma prunelle vorace
Prisonnière à tes feux
A l’aurore endormie
Sous les ongles du monde
Là s’éclipse la nuit
Dans l’écrin des secondes
De la paume la course
Le pêché de mes doigts
Abreuvés à ta source
Et s’y glissent et s’y noient
De la paume croquée
Où le monde explosa
Les frissons de l’été
A nos doux entrelacs
Par Chrystalle
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13 juillet 2008
Parlez-leur d'évidence
Combien d'entre eux auront ainsi
Franchi les audaces
Pour glisser une main sous la robe du monde
Sous le joug des estampes
Et l'escorte fugace
Cent rêves repliés qui de l'onde
La moisson ruisselante au créneau des tempêtes
Où la vie se bouillonne
Et les hommes se jettent
Les entendez-vous les cent failles
De ces hommes de paille
Flamber tout en bas là où brille l'espace ?
C'est un souffle diluvien
Une marche sur des charpies de non-sens
Affublés d'éphémère et de casques troyens
Ils s'en vont déclamer renaissance
Dans le bleu des cavalcades
Qu'ils tremblent de sueur sous la paume du jour car
Le jour n'est pas si fleuve que l'on croit
Et passée l'escalade à la corde des bras
Ecorchés ils retombent à l'autel des espoirs
Où la vie s'emprisonne
Et les hommes se guettent
En gardant à leurs rides
L'évidence sous vide
Ils transforment l'écho en cadavre
Par Chrystalle
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13 juillet 2008
Oublie l’automne qui s’endort
Je suis l’automne en pourpre d’or
Celui qui flamme de trésors
A ton soleil à ton décor
Celui qui boit à tes rayons
Celui qui rit de déraison
Je suis l’automne en pamoison
Dans la chaleur de ton cocon
Oublie l’automne sous la mousse
Je suis l’automne en feuilles rousses
Celui qui flamme s’éclabousse
De tes couleurs de ta frimousse
Celui qui vole à ton éclat
Celui qui rit de te voir là
Je suis l’automne en franfrelas
Dans la chaleur de tes deux bras
Oublie l’automne en gris manteau
Je suis l’automne aux doux oiseaux
Celui qui flamme de nouveau
A ta douceur à tes échos
Celui qui danse à tes iris
Celui qui rit de tes délices
Je suis l’automne en ses prémisses
Donn’-lui la chance qu’il fleurisse
Par Chrystalle
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